
La
France
reste
la
première
destination
touristique
mondiale,
avec
102
millions
de
visiteurs
internationaux
en
2025.
Pourtant,
elle
n’est
que
quatrième
pour
les
recettes
touristiques.
Notre
pays
attire
les
touristes,
mais
ne
transforme
pas
suffisamment
cette
fréquentation
en
valeur
économique.
Dans
ce
cadre,
le
Député
de
l’Isère
Alexis
Jolly
a
présenté,
aux
côtés
du
Député
Vincent
Rolland,
un
rapport
d’information
consacré
aux
freins
au
développement
de
l’économie
touristique
française.
À
l’issue
de
plusieurs
semaines
d’auditions,
Alexis
Jolly
fait
un
constat
clair :
le
tourisme
français
souffre
d’une
accumulation
de
normes,
de
procédures,
de
délais
et
d’un
manque
de
visibilité
qui
freinent
l’investissement.
Le
problème
tient
moins
à
une
règle
prise
isolément
qu’à
leur
accumulation
et
à
leur
croisement.
Le
rapport
formule
20
recommandations,
parmi
lesquelles
un
moratoire
de
deux
ans
sur
les
nouvelles
normes
applicables
au
tourisme,
la
simplification
des
procédures
de
rénovation
et
de
modernisation,
la
création
d’un
guichet
unique
du
tourisme
et
la
désignation
d’un
ministre
du
Tourisme
de
plein
exercice.
Il
fait
également
du
logement
des
saisonniers,
de
la
formation
et
de
la
connectivité
des
territoires
des
priorités.
Pour
Alexis
Jolly,
l’enjeu
est
désormais
de
passer
du
diagnostic
à
l’action.
La
France
ne
manque
ni
de
touristes,
ni
d’atouts,
ni
de
diagnostics.
Elle
a
besoin
d’un
cadre
plus
stable
et
plus
cohérent
pour
permettre
aux
acteurs
d’investir
et
aux
territoires
de
préparer
leur
avenir.
A
l’occasion
de
la
présentation
de
la
Mission
Budgétaire
relative
au
Tourisme
du
Projet
de
loi
de
finances
2027
dont
il
sera
le
rapporteur
le
14 octobre,
Alexis
Jolly
proposera
des
pistes
qui
permettront
d’améliorer
la
situation
de
notre
économie
touristique.
Il
appelle
ainsi
à
faire
du
tourisme
une
véritable
politique
économique
stratégique,
au
service
de
l’investissement,
de
l’emploi
et
de
la
vitalité
des
territoires.
Résumé
réalisé
par
ChatGPT
à
partir
des
61
pages
du
rapport
Mission
d’information
parlementaire
Freins
à
l’économie
du
Tourisme
Le
rapport
d’information
de
la
Commission
des
affaires
économiques
de
l’Assemblée
nationale,
présenté
par
les
députés
Alexis
Jolly
et
Vincent
Rolland,
part
d’un
paradoxe :
la
France
reste
la
première
destination
touristique
mondiale,
avec
102
millions
de
visiteurs
internationaux
en
2025,
mais
n’occupe
que
la
quatrième
place
mondiale
en
matière
de
recettes
touristiques,
derrière
les
États-Unis,
l’Espagne
et
le
Royaume-Uni.
Le
tourisme
représente
pourtant
un
poids
considérable
dans
l’économie
française :
entre
7
et
8 %
du
PIB,
environ
222
milliards
d’euros
de
consommation
touristique
intérieure
et
1,5
million
d’emplois
salariés.
Les
recettes
touristiques
internationales
ont
atteint
le
niveau
record
de
77,5
milliards
d’euros
en
2025,
en
hausse
de
9 %
sur
un
an
et
de
37 %
par
rapport
à
2019.
Le
constat
des
rapporteurs
est
donc
moins
celui
d’une
faiblesse
du
tourisme
français
que
celui
d’un
potentiel
économique
insuffisamment
exploité.
Beaucoup
de
touristes,
mais
une
création
de
valeur
insuffisante
Le
chiffre
qui
illustre
le
mieux
ce
décrochage
est
celui
de
la
dépense
par
visiteur :
un
touriste
international
dépense
en
moyenne
environ
760
€
en
France,
contre
environ
1
350
€
en
Espagne.
En
2025,
les
recettes
internationales
françaises
atteignent
77,5
milliards
d’euros,
contre
134,7
milliards
en
Espagne.
La
durée
des
séjours
constitue
également
une
faiblesse :
la
France
enregistre
environ
140
millions
de
nuitées
étrangères,
contre
322
millions
en
Espagne
et
254
millions
en
Italie.
Dans
l’hôtellerie,
l’écart
est
encore
plus
marqué :
77
millions
de
nuitées
étrangères
en
France
contre
240
millions
en
Espagne.
Le
rapport
identifie
plusieurs
explications :
séjours
plus
courts,
importance
de
l’hébergement
non
marchand,
concentration
géographique
de
l’activité,
recul
de
certaines
clientèles
lointaines
à
forte
contribution,
mais
aussi
une
offre
haut
de
gamme
et
de
grands
complexes
touristiques
jugée
insuffisante.
Les
rapporteurs
soulignent
notamment
la
contraction
progressive
de
l’hôtellerie
indépendante
et
familiale,
avec
la
disparition
de
nombreux
petits
établissements
devenus
incapables
d’absorber
économiquement
certaines
obligations
de
sécurité
et
d’accessibilité.
Trois
grandes
catégories
de
freins
Le
rapport
regroupe
les
obstacles
au
développement
du
tourisme
français
en
trois
grandes
familles.
La
première
concerne
la
réglementation
et
la
gouvernance.
Le
droit
applicable
au
tourisme
résulte
d’un
empilement
de
dispositions
issues
notamment
des
codes
du
tourisme,
de
l’urbanisme,
de
l’environnement,
de
la
construction,
du
patrimoine,
de
la
santé
ou
encore
du
travail.
Les
rapporteurs
considèrent
que
cette
complexité,
à
laquelle
s’ajoutent
les
délais
administratifs
et
les
risques
de
contentieux,
constitue
un
frein
majeur
à
l’investissement.
La
deuxième
concerne
la
fiscalité
et
le
financement.
Le
rapport
insiste
moins
sur
le
niveau
absolu
des
prélèvements
que
sur
leur
accumulation
et
surtout
sur
leur
instabilité,
qui
rend
difficile
l’établissement
de
stratégies
d’investissement
à
long
terme.
À
cela
s’ajoutent
un
accès
au
crédit
plus
difficile
et
la
diminution
de
certains
soutiens
publics.
La
troisième
porte
sur
les
facteurs
de
compétitivité
hors
prix :
pénurie
de
main-d’œuvre,
difficulté
à
loger
les
saisonniers,
formation
insuffisamment
adaptée,
faiblesse
de
certaines
dessertes
de
transport
et
utilisation
encore
insuffisante
de
la
donnée
touristique.
Une
gouvernance
jugée
trop
éclatée
Le
rapport
critique
également
le
« millefeuille
territorial »
du
tourisme
français.
État,
régions,
départements,
intercommunalités
et
communes
disposent
tous
de
compétences
en
matière
touristique.
Pour
les
rapporteurs,
cette
organisation
rend
difficile
l’identification
d’un
véritable
pilote
de
la
politique
touristique
nationale.
Ils
proposent
donc
la
nomination
d’un
ministre
du
tourisme
de
plein
exercice
et
la
création
d’un
guichet
unique
du
tourisme,
chargé
d’accompagner
les
porteurs
de
projets
dans
leurs
démarches
administratives,
réglementaires
et
financières.
Le
logement
des
saisonniers
et
la
formation
érigés
en
priorités
Le
manque
de
main-d’œuvre
est
directement
relié
à
la
difficulté
de
logement
dans
les
territoires
touristiques.
Le
rapport
préconise
de
faire
du
logement
des
travailleurs
saisonniers
une
priorité
nationale,
en
facilitant
les
investissements
des
entreprises
et
collectivités,
la
mobilisation
des
logements
vacants
et
l’utilisation
temporaire
du
parc
public
et
social.
Il
recommande
également
d’adapter
le
droit
du
travail
à
la
saisonnalité,
notamment
pour
faciliter
la
pluriactivité
et
l’enchaînement
de
plusieurs
emplois
au
cours
d’une
même
année.
Les
rapporteurs
proposent
par
ailleurs
la
création
d’une
« académie
française
d’excellence
de
l’hôtellerie
et
de
la
restauration »,
inspirée
du
modèle
de
l’École
hôtelière
de
Lausanne,
ainsi
qu’un
renforcement
de
la
formation
aux
langues
étrangères,
à
la
relation
client
et
aux
compétences
numériques.
Préserver
et
moderniser
l’hôtellerie
indépendante
Une
proposition
concerne
particulièrement
l’hôtellerie :
la
création
d’un
plan
national
de
sauvegarde,
de
transmission
et
de
modernisation
des
TPE
et
PME
touristiques,
ciblant
notamment
l’hôtellerie
indépendante
et
familiale.
Les
rapporteurs
proposent
notamment
une
franchise
de
droits
de
succession
pour
les
entreprises
familiales
lorsque
l’activité
initiale
est
maintenue
pendant
au
moins
quinze
ans.
Ils
demandent
une
attention
particulière
aux
établissements
dont
la
disparition
provoquerait
une
diminution
significative
de
la
capacité
d’hébergement
professionnel
d’une
destination.
Le
transport
et
la
data,
deux
autres
leviers
stratégiques
Le
rapport
considère
également
la
connectivité
aérienne
comme
essentielle
pour
attirer
les
clientèles
internationales
à
forte
valeur.
Il
pointe
parallèlement
l’insuffisance
de
certaines
dessertes
intérieures,
qui
empêche
une
meilleure
répartition
des
flux
touristiques
entre
les
territoires.
La
donnée
constitue
l’autre
faiblesse
identifiée :
la
connaissance
statistique
de
l’économie
touristique
reste
fragmentée
et
insuffisamment
exploitée.
Les
rapporteurs
estiment
qu’une
meilleure
utilisation
de
la
data
permettrait
d’anticiper
la
demande,
d’adapter
l’offre
et
surtout
de
mieux
mesurer
la
création
de
valeur
touristique.
Des
pratiques
touristiques
qui
changent
rapidement
Le
rapport
observe
parallèlement
une
transformation
profonde
de
la
demande.
51 %
des
ménages
français
prévoyaient
de
réduire
leur
budget
vacances
en
2026,
celui-ci
passant
en
moyenne
à
1
530
€,
soit
150
€
de
moins
qu’en
2025.
Les
Français
privilégient
davantage
les
courts
séjours,
la
proximité
et
les
solutions
d’hébergement
économiques
ou
gratuites.
Dans
le
même
temps,
le
tourisme
évolue
d’une
logique
de
« destination »
vers
une
logique
d’expérience
et
de
motivation.
Tourisme
culturel,
tourisme
de
savoir-faire,
cyclotourisme
et
grands
événements
deviennent
autant
de
motifs
spécifiques
de
déplacement.
Le
tourisme
d’affaires
occupe
à
ce
titre
une
place
particulière :
il
représente
environ
32
milliards
d’euros
de
retombées
économiques
nationales.
La
dépense
d’un
participant
à
un
événement
professionnel
serait
en
moyenne
3,4
fois
supérieure
à
celle
d’un
touriste
de
loisirs,
et
jusqu’à
cinq
fois
supérieure
lorsqu’il
s’agit
d’un
participant
international.
18
recommandations
pour
libérer
le
potentiel
touristique
français
Au
total,
le
rapport
formule
18
recommandations.
Elles
comprennent
notamment :
-
la
refonte
du
code
du
tourisme ; -
un
moratoire
de
deux
ans
sur
les
nouvelles
normes
nationales
applicables
au
secteur ; -
l’assouplissement
de
certaines
contraintes
environnementales
et
d’urbanisme
pour
la
rénovation
des
équipements
existants ; -
l’adaptation
du
ZAN
aux
projets
touristiques
structurants ; -
la
proportionnalité
des
normes
de
sécurité
et
sanitaires
à
la
réalité
des
exploitations,
notamment
saisonnières ; -
la
limitation
des
délais
de
recours
contre
certains
projets
touristiques ; -
la
suppression
d’obligations
déclaratives
devenues
inutiles ; -
la
nomination
d’un
ministre
du
tourisme
de
plein
exercice ; -
la
création
d’un
guichet
unique
du
tourisme ; -
la
stabilisation
pluriannuelle
de
la
fiscalité
et
des
charges ; -
un
plan
de
sauvegarde
et
de
transmission
des
TPE
et
PME
touristiques ; -
des
mesures
en
faveur
du
logement
des
saisonniers ; -
l’adaptation
du
droit
du
travail
à
la
saisonnalité ; -
le
renforcement
de
la
formation
et
la
création
d’une
académie
d’excellence
de
l’hôtellerie-restauration ; -
l’intégration
de
la
connectivité
aérienne
et
de
la
desserte
des
territoires
à
la
stratégie
touristique
nationale.
Le
message
central
du
rapport
La
conclusion
qui
traverse
le
document
peut
se
résumer
simplement :
la
France
n’a
pas
un
problème
d’attractivité
touristique,
mais
un
problème
de
transformation
de
cette
attractivité
en
valeur
économique.
Les
rapporteurs
ne
réclament
donc
pas
principalement
de
nouveaux
dispositifs
publics.
Ils
demandent
plutôt
de
rendre
l’environnement
existant
plus
cohérent :
simplification
des
normes,
stabilité
fiscale,
clarification
du
pilotage
national,
accompagnement
de
l’investissement,
formation,
logement
des
saisonniers,
transport
et
meilleure
exploitation
des
données.
Comme
ils
le
résument
eux-mêmes,
la
France
« ne
manque
ni
d’atouts,
ni
de
fréquentation,
ni
de
diagnostics » ;
elle
manque
surtout
d’un
cadre
permettant
de
transformer
ces
atouts
en
valeur.



