Cyberattaques et vols de données : le CERT-FR alerte sur des failles souvent évitables – TendanceHotellerie

Les
violations
de
données
personnelles
se
multiplient,
mais
elles
ne
résultent
pas
toujours
de
cyberattaques
sophistiquées.
Dans
un
rapport
de
80
pages
publié
le
20 octobre
2026,
le
CERT-FR,
centre
gouvernemental
de
veille,
d’alerte
et
de
réponse
aux
attaques
informatiques
de
l’ANSSI,
tire
les
enseignements
des
incidents
observés
en
2025
et
début
2026.
Son
constat
est
préoccupant :
des
identifiants
volés,
des
accès
insuffisamment
contrôlés
ou
des
applications
mal
configurées
suffisent
parfois
à
exposer
des
millions
de
données.

À
travers
ce
retour
d’expérience,
le
CERT-FR
propose
dix
grands
principes
pour
renforcer
la
sécurité
des
applications
web,
notamment
celles
qui
manipulent
des
informations
personnelles
ou
sensibles.
L’objectif
est
aussi
pragmatique :
montrer
que
les
organisations
peuvent
réduire
considérablement
les
risques
sans
nécessairement
remplacer
leurs
applications
existantes.

Une
forte
augmentation
des
incidents
de
vol
de
données

En
2025,
le
CERT-FR
a
été
informé
de
196
incidents
d’exfiltration
de
données,
contre
130
en
2024,
soit
une
augmentation
d’environ
51 %.

Ces
incidents
concernent
tous
les
secteurs
d’activité,
sans
ciblage
particulier
identifié.
Les
exemples
présentés
dans
le
rapport
touchent
notamment
la
santé,
les
services
publics
et
l’agroalimentaire.

L’une
des
principales
conclusions
est
que
les
attaquants
n’ont
pas
systématiquement
besoin
d’exploiter
une
vulnérabilité
informatique
complexe.
Ils
peuvent
simplement
utiliser
des
identifiants
légitimes
récupérés
frauduleusement,
profiter
de
droits
d’accès
trop
étendus
ou
exploiter
des
interfaces
de
programmation
(API)
insuffisamment
protégées.

Le
rapport
souligne
également
le
rôle
des
infostealers,
ces
logiciels
malveillants
capables
de
dérober
les
mots
de
passe,
les
cookies
de
session
et
d’autres
informations
enregistrées
sur
les
ordinateurs.
La
compromission
d’un
poste
professionnel
ou
personnel
peut
ainsi
devenir
le
point
de
départ
d’une
fuite
de
données
affectant
une
organisation
entière.

Les
conséquences
dépassent
la
perte
de
confidentialité :
les
informations
dérobées
peuvent
être
revendues,
croisées
avec
d’autres
bases
de
données,
utilisées
pour
des
fraudes
personnalisées
ou
diffusées
dans
le
cadre
d’opérations
de
déstabilisation.

Dix
recommandations
pour
réduire
les
risques

Le
CERT-FR
structure
ses
préconisations
autour
de
dix
axes
complémentaires :

  1. Maîtriser
    les
    données
    collectées
    et
    conservées.
    Identifier
    les
    informations
    sensibles,
    cartographier
    leur
    circulation,
    protéger
    les
    sauvegardes
    et
    supprimer
    les
    données
    devenues
    inutiles.
  2. Limiter
    les
    droits
    des
    utilisateurs.
    Appliquer
    le
    principe
    du
    moindre
    privilège,
    contrôler
    les
    comptes
    inactifs
    et
    limiter
    le
    volume
    d’informations
    consultables
    par
    utilisateur
    ou
    session.
  3. Réduire
    l’exposition
    des
    applications
    sur
    Internet.
    Réserver
    les
    interfaces
    internes
    et
    d’administration
    aux
    utilisateurs
    autorisés,
    notamment
    au
    moyen
    de
    VPN,
    de
    pare-feu
    et
    de
    restrictions
    d’accès.
  4. Renforcer
    l’authentification.
    Ne
    plus
    dépendre
    uniquement
    du
    couple
    identifiant/mot
    de
    passe.
    Privilégier
    l’authentification
    forte
    pour
    les
    accès
    internes
    et
    les
    passkeys
    ou
    identifiants
    à
    usage
    unique
    pour
    les
    services
    grand
    public.
  5. Assurer
    la
    traçabilité
    des
    opérations.
    Pouvoir
    rattacher
    chaque
    action
    à
    un
    utilisateur
    et
    à
    une
    adresse
    IP,
    y
    compris
    lorsque
    les
    connexions
    traversent
    plusieurs
    serveurs
    ou
    équipements
    intermédiaires.
  6. Sécuriser
    les
    infrastructures
    d’hébergement.
    Segmenter
    les
    réseaux,
    protéger
    les
    bases
    de
    données,
    maîtriser
    les
    flux
    entrants
    et
    sortants
    et
    utiliser
    des
    postes
    d’administration
    dédiés.
  7. Analyser
    les
    journaux
    pour
    détecter
    les
    anomalies.
    Repérer
    les
    connexions
    inhabituelles,
    les
    consultations
    massives,
    les
    volumes
    anormaux
    de
    téléchargement
    ou
    les
    accès
    à
    des
    informations
    sans
    rapport
    avec
    les
    fonctions
    de
    l’utilisateur.
  8. Automatiser
    les
    réactions
    aux
    comportements
    suspects.
    Mettre
    en
    place
    des
    ralentissements,
    des
    blocages
    temporaires,
    des
    restrictions
    de
    sessions
    et
    des
    alertes
    pour
    interrompre
    une
    attaque
    avant
    qu’elle
    n’aboutisse.
  9. Contrôler
    régulièrement
    la
    sécurité
    des
    applications.
    Réaliser
    des
    analyses
    de
    risques,
    des
    audits,
    des
    tests
    de
    sécurité
    et
    maintenir
    à
    jour
    les
    composants
    logiciels.
  10. Homologuer
    les
    applications
    des
    administrations.
    Appliquer
    une
    démarche
    formalisée
    d’analyse
    des
    risques
    et
    de
    protection
    des
    données
    conformément
    au
    Référentiel
    général
    de
    sécurité
    (RGS)
    et
    à
    la
    Politique
    de
    sécurité
    des
    systèmes
    d’information
    de
    l’État
    (PSSIE).

Une
attention
particulière
aux
applications
anciennes
et
aux
API

Le
rapport
insiste
sur
les
risques
liés
aux
applications
historiques,
dont
la
conception
ne
correspond
plus
nécessairement
aux
menaces
actuelles.

Les
API
constituent
un
point
de
vigilance
majeur.
Lorsqu’elles
sont
insuffisamment
protégées,
elles
peuvent
permettre
à
un
attaquant
disposant
d’un
compte
utilisateur
de
consulter
ou
d’extraire
des
informations
auxquelles
il
ne
devrait
pas
avoir
accès.

Le
CERT-FR
recommande
notamment
de
limiter
le
nombre
de
requêtes,
de
contrôler
les
volumes
de
données
accessibles
et
de
vérifier
systématiquement
les
autorisations.

Il
souligne
également
que
les
pare-feu
applicatifs
(WAF)
et
les
serveurs
mandataires
inverses
peuvent
renforcer
la
sécurité
sans
modification
profonde
du
logiciel
existant.
Ils
peuvent
notamment
servir
à
restreindre
les
accès,
conserver
les
traces
des
connexions
et
limiter
les
extractions
massives.

Ces
protections
ne
dispensent
toutefois
pas
de
corriger
les
vulnérabilités
de
l’application
elle-même.

La
rapidité
des
attaques
impose
d’automatiser
la
défense

Autre
enseignement
important :
les
attaquants
peuvent
extraire
plusieurs
millions
d’enregistrements
en
quelques
minutes,
alors
que
la
qualification
d’une
alerte
par
une
équipe
humaine
peut
prendre
plusieurs
heures.

Le
CERT-FR
préconise
donc
une
surveillance
capable
de
reconnaître
automatiquement
des
comportements
anormaux
et
de
déclencher
des
mesures
de
protection
immédiates.

Les
organisations
doivent
notamment
pouvoir
détecter
les
connexions
depuis
des
localisations
inhabituelles,
les
consultations
répétées
de
données,
les
accès
à
des
heures
atypiques
ou
les
changements
soudains
de
comportement
d’un
compte.

Des
recommandations
techniques
directement
exploitables

Les
dernières
pages
du
rapport
comportent
des
annexes
techniques
présentant
des
exemples
de
configuration
pour
différents
composants
d’infrastructure.

Elles
détaillent
notamment
la
transmission
et
la
journalisation
des
adresses
IP
d’origine,
le
filtrage
des
connexions
selon
les
adresses
IP
ou
les
pays,
la
restriction
des
horaires
d’accès
et
la
limitation
du
nombre
de
requêtes.

Ces
exemples
constituent
des
pistes
de
mise
en
œuvre,
à
adapter
aux
architectures
et
aux
besoins
de
chaque
organisation.

Une
responsabilité
qui
dépasse
les
seules
équipes
informatiques

Au-delà
des
mesures
techniques,
le
CERT-FR
rappelle
que
la
protection
des
données
relève
également
de
la
gouvernance
des
organisations.

Les
directions
doivent
participer
à
la
définition
des
politiques
de
sécurité,
arbitrer
les
moyens
nécessaires
et
s’assurer
que
les
données
personnelles
sont
protégées
tout
au
long
de
leur
cycle
de
vie.

Le
rapport
défend
finalement
une
approche
pragmatique :
la
réduction
du
risque
ne
dépend
pas
uniquement
de
nouveaux
investissements
technologiques,
mais
aussi
d’une
meilleure
maîtrise
des
accès,
des
données
et
des
comportements
anormaux.

Pour
les
entreprises
comme
pour
les
administrations,
le
message
est
clair :
attendre
le
remplacement
d’une
application
vieillissante
pour
renforcer
sa
sécurité
n’est
pas
une
stratégie
acceptable.



Source
 :
CERT-FR
/
ANSSI,
« RETEX
du
CERT-FR
sur
les
violations
de
données
applicatives »,
version
1.01
du
20 octobre
2026,
80
pages,
référence
CERTFR-2026-CTI-008.
Les
recommandations
présentées
n’ont
pas,
sauf
disposition
réglementaire
contraire,
de
caractère
normatif.

Consulter
le
rapport
intégral
(PDF)