[Article invité] Hôtel-restaurant : votre restaurant vous rapporte-t-il vraiment de l’argent ? – TendanceHotellerie



 

Dans
beaucoup
d’hôtels-restaurants
indépendants,
le
restaurant
fait
tourner
la
maison.
Il
remplit
la
salle,
attire
la
clientèle
locale,
rassure
les
clients
qui
réservent
une
chambre.
Mais
peu
d’hôteliers
savent
dire,
chiffres
à
l’appui,
s’il
gagne
de
l’argent
ou
s’il
en
coûte.

Le
contexte
ne
laisse
pas
beaucoup
de
marge
d’erreur.
Selon
les
chiffres
Altares
relayés
par
le
GHR,
la
restauration
traditionnelle
a
enregistré
5
419
défaillances
sur
les
neuf
premiers
mois
de
2025,
soit
9,3 %
de
plus
qu’en
2024
(source).
Dans
un
hôtel-restaurant,
ces
difficultés
restent
souvent
invisibles,
masquées
par
le
chiffre
des
chambres.

Voici
quatre
points
à
vérifier.

1.
Séparer
les
comptes
de
la
cuisine
et
des
chambres

Tant
que
tout
est
mélangé
dans
un
seul
compte
de
résultat,
l’hébergement
peut
compenser
un
restaurant
déficitaire
pendant
des
années
sans
que
personne
ne
le
voie.

La
première
étape
est
simple :
suivre
le
restaurant
comme
une
activité
à
part
entière.
Son
propre
chiffre
d’affaires,
ses
propres
achats,
sa
propre
masse
salariale.
Votre
expert-comptable
peut
mettre
en
place
cette
comptabilité
analytique.
Ce
n’est
pas
une
formalité :
c’est
la
seule
façon
de
savoir
quelle
activité
porte
l’autre.

2.
Revoir
le
prix
de
la
demi-pension
et
du
petit-déjeuner

Le
tarif
de
la
demi-pension
et
du
petit-déjeuner
est
souvent
fixé
une
fois,
puis
rarement
revu.
Entre-temps,
le
beurre,
les
œufs,
le
café
et
la
viande
ont
augmenté.

Faites
l’exercice
une
fois
par
an
au
minimum :
calculez
le
coût
réel
d’un
petit-déjeuner
et
d’un
dîner
de
demi-pension,
matières
premières
et
temps
de
travail
compris.
Comparez-le
au
prix
réellement
facturé,
une
fois
la
part
du
dîner
isolée
du
forfait.
Le
résultat
surprend
souvent.

3.
Affecter
correctement
le
personnel
polyvalent

Dans
un
hôtel-restaurant,
les
postes
se
croisent.
Le
réceptionniste
sert
le
petit-déjeuner.
Le
serveur
fait
le
check-in
du
soir.
Le
cuisinier
prépare
aussi
le
buffet
du
matin.

Si
toutes
ces
heures
sont
imputées
à
l’hébergement,
le
restaurant
paraît
rentable
alors
qu’il
ne
l’est
pas.
Répartissez
les
heures
selon
le
temps
réellement
passé
sur
chaque
activité,
même
de
façon
approximative.
Une
estimation
honnête
vaut
mieux
qu’une
absence
de
chiffre.

4.
Suivre
trois
chiffres
chaque
semaine,
pas
au
bilan

Le
bilan
arrive
des
mois
après
les
décisions.
Trois
indicateurs
suffisent
pour
piloter
le
restaurant
au
fil
de
la
saison :


  • le
    coût
    matière
     :
    le
    total
    des
    achats
    alimentaires
    rapporté
    au
    chiffre
    d’affaires
    du
    restaurant ;

  • la
    masse
    salariale
    du
    restaurant
     :
    les
    heures
    de
    cuisine
    et
    de
    salle,
    charges
    comprises ;

  • le
    nombre
    de
    couverts
    et
    le
    ticket
    moyen
     :
    pour
    voir
    si
    la
    fréquentation
    suit
    les
    efforts.

    Une
    hausse
    de
    quelques
    points
    du
    coût
    matière,
    repérée
    en
    mars,
    se
    corrige
    en
    ajustant
    une
    carte
    ou
    un
    grammage.
    Découverte
    au
    bilan,
    elle
    est
    déjà
    payée.

Un
restaurant
d’appel,
oui,
mais
choisi

Un
restaurant
peut
légitimement
servir
de
produit
d’appel
pour
les
chambres.
C’est
un
choix
stratégique
défendable.
Mais
il
doit
rester
un
choix,
chiffré
et
assumé,
pas
une
perte
que
l’on
découvre
trop
tard.

Le
chiffre
ne
fait
pas
le
profit.
Dans
un
hôtel-restaurant,
c’est
encore
plus
vrai :
il
faut
savoir
lequel
des
deux
métiers
fait
vivre
l’autre.








Article
fourni
gracieusement
par

Cyril
Quesnel
,
restaurateur,
fondateur
d’Onrush

Cyril
Quesnel
est
restaurateur
depuis
20
ans.
Après
la
salle,
le
bar
et
la
direction
de
restaurants
à
Paris,
il
a
repris
et
redressé
deux
établissements
en
redressement
judiciaire
dans
le
Tarn,
dont
un
hôtel-restaurant
de
14
chambres
à
Gaillac,
passé
de
300
000
€
à
1
million
d’euros
de
chiffre
d’affaires
en
trois
ans.
Il
est
aujourd’hui
fondateur
d’Onrush,
une
application
de
gestion
pour
les
restaurateurs
indépendants.