
Tous
les
salariés
en
France
sont
concernés
par
la
directive
de
transparence
salariale,
mais…
93,8 %
des
entreprises
ne
disposeront
pas
d’un
dispositif
complet
d’ici
le
7 juin
2026
L’agence
HOW
MUCH
dévoile
les
résultats
d’une
nouvelle
enquête
nationale
menée
auprès
de
5
529
entreprises
(TPE,
PME,
ETI
et
GE) [1]
afin
de
mesurer
leur
retard
concernant
la
directive
de
transparence
salariale.
Résultat :
plus
de
9
entreprises
sur
10
n’auront
pas
de
dispositif
complet.
En
France,
on
compte
environ
27
millions
de
salariés
(Insee,
2024).
Parmi
eux,
environ
15
millions
travaillent
dans
des
entreprises
des
secteurs
marchands
(industrie,
construction,
commerce,
services… [2]),
cibles
de
notre
enquête.
Contrairement
à
beaucoup
d’articles
qui
prétendent
que
seules
les
sociétés
de
plus
de
50
salariés
sont
visée,
TOUTES
les
entreprises
françaises
sont
concernées
par
la
directive
de
transparence
salariale.
Le
7 juin
2026
est
la
date
butoir
pour
que
la
directive
soit
transposée
en
droit
français.
Il
reste
à
peine
plus
de
six
mois,
alors
qu’un
projet
de
transparence
salariale
sérieux
prend
plutôt
un
an.
Il
est
vraiment
temps
de
réagir,
sans
plus
attendre !
—
Sandrine
Dorbes,
Conférencière,
Autrice,
Experte
en
stratégie
de
rémunération,
Créatrice
de
« How
Much »
À
peine
plus
d’1
entreprise
sur
16
a
un
projet
en
conformité
Au
2ᵉ
trimestre
2025,
la
France
compte
un
peu
plus
de
7,2
millions
d’entreprises
inscrites
et
actives
au
RCS
(Infogreffe
/
CNGTC)
qui
emploient
environ
15
millions
de
salariés.
Avec
les
résultats
de
notre
sondage,
environ
443
540
entreprises
ont
déjà
un
projet
formalisé
de
mise
en
conformité,
soit
seulement
6,2 %
Dans
le
détail :
6 %
des
TPE
(soit
420
000
entreprises),
11 %
des
PME
(soit
20
900
entreprises),
34 %
des
ETI
(soit
2
480
entreprises)
et
49 %
des
GE
(soit
160
structures).
Les
TPE
et
PME
sont
les
plus
en
retard
avec
respectivement
près
de
67 %
et
58 %
qui
n’ont
aucun
projet
formalisé
ni
pris
aucune
mesure
concrète.
Les
ETI
sont
partagées :
un
tiers
d’entre
elles
seulement
ont
un
projet
formalisé,
un
autre
tiers
reporte
encore
leurs
actions.
Enfin
les
grandes
entreprises,
bien
que
plus
avancées
(70 %
engagées
d’une
façon
ou
d’une
autre),
concentrent
encore
plus
d’un
million
de
salariés
sans
plan
d’action
défini.
| Réponses | TPE | PME | ETI | GE |
|---|---|---|---|---|
|
Oui, projet formalisé avec gouvernance, planning et budget |
6 % | 11 % | 34 % | 49 % |
|
Oui, des actions ont été lancées mais sans projet formalisé |
14 % | 23 % | 25 % | 21 % |
|
Non, mais nous prévoyons de démarrer en 2026 |
31 % | 27 % | 18 % | 19 % |
|
Non, aucun projet n’est prévu à ce stade |
36 % | 31 % | 17 % | 10 % |
|
Je ne sais pas |
13 % | 8 % | 6 % | 1 % |
Des
chantiers
très
peu
avancés
Dans
les
faits,
le
travail
de
base
(diagnostic
/
nettoyage
des
données)
n’est
engagé
que
dans
16 %
des
TPE,
17 %
des
PME
et
22 %
des
ETI,
montrant
que
la
majorité
du
tissu
économique
n’est
même
pas
encore
en
phase
de
préparation.
La
définition
de
grilles
salariales
et
de
critères
objectifs
est
surtout
le
fait
des
grandes
entreprises
(23 %)
et
des
ETI
(20 %),
les
PME
(12 %)
et
surtout
les
TPE
(10 %)
restant
nettement
à
la
traîne.
Les
politiques
de
rémunération
finalisées
mais
non
déployées
restent
minoritaires
(9
à
13 %
selon
la
taille),
ce
qui
révèle
un
“goulet
d’étranglement”
avant
la
mise
en
œuvre
concrète.
Finalement,
le
dispositif
complet
n’est
effectivement
déployé
que
dans
5 %
des
TPE,
4 %
des
PME,
10 %
des
ETI
et
21 %
des
GE.
| Réponses | TPE | PME | ETI | GE |
|---|---|---|---|---|
|
Nous n’avons encore rien démarré |
61 % | 58 % | 35 % | 29 % |
|
Nous en sommes au diagnostic / nettoyage des données de rémunération |
16 % | 17 % | 22 % | 14 % |
|
Nous avons commencé à définir grilles salariales et critères objectifs |
10 % | 12 % | 20 % | 23 % |
|
Nous avons finalisé la politique de rémunération mais elle n’est pas encore déployée |
8 % | 9 % | 13 % | 13 % |
|
Le dispositif est déployé (process RH, outils, communication, formation) |
5 % | 4 % | 10 % | 21 % |
Combien
de
temps ?
Les
délais
de
mise
en
conformité
raccourcissent
nettement
à
mesure
que
la
taille
de
l’entreprise
augmente.
Côté
TPE,
seule
une
minorité
se
projette
sur
un
calendrier
rapide :
35 %
pensent
pouvoir
être
conformes
en
moins
de
12
mois
(13 %
en
moins
de
6
mois,
22 %
entre
6
et
12
mois),
alors
que
près
de
la
moitié
(49 %)
estiment
avoir
besoin
d’au
moins
12
mois,
dont
17 %
plus
de
18
mois.
Les
TPE
sont
aussi
celles
qui
expriment
le
plus
d’incertitude :
16 %
répondent
« je
ne
sais
pas »,
ce
qui
traduit
un
manque
de
lisibilité
sur
les
exigences
concrètes
de
la
loi,
mais
aussi
l’absence
fréquente
de
fonction
RH
structurée
ou
de
relais
internes
pour
piloter
le
chantier.
La
majorité
des
PME
anticipe
un
chantier
long :
55 %
estiment
avoir
besoin
d’au
moins
12
mois
(dont
20 %
plus
de
18
mois),
et
seules
11 %
pensent
pouvoir
être
prêtes
en
moins
de
6
mois,
signe
de
moyens
limités
et/ou
d’une
faible
structuration
RH.
Les
ETI
se
projettent
dans
des
délais
plus
courts :
57 %
visent
une
conformité
en
moins
de
12
mois,
et
seulement
8 %
estiment
qu’il
leur
faudra
plus
de
18
mois,
ce
qui
traduit
une
capacité
d’industrialisation
plus
élevée
que
les
PME.
Les
grandes
entreprises
apparaissent
les
plus
confiantes :
71 %
estiment
pouvoir
être
conformes
en
moins
de
12
mois,
dont
39 %
en
moins
de
6
mois,
grâce
à
des
équipes
RH
outillées,
des
systèmes
d’information
plus
robustes
et
une
culture
du
reporting
déjà
installée.
Au
global,
la
France
risque
de
connaître
un
déploiement
de
la
transparence
salariale
à
deux
vitesses :
rapide
dans
les
GE
et
une
partie
des
ETI,
mais
nettement
plus
progressif
–
et
véritablement
problématique
vis-à-vis
du
calendrier
légal
–
dans
les
TPE
et
PME.
| Réponses | TPE | PME | ETI | GE |
|---|---|---|---|---|
|
Moins de 6 mois |
13 % | 11 % | 26 % | 39 % |
|
Entre 6 et 12 mois |
22 % | 24 % | 31 % | 32 % |
|
Entre 12 et 18 mois |
32 % | 35 % | 29 % | 21 % |
|
Plus de 18 mois |
17 % | 20 % | 8 % | 4 % |
|
Je ne sais pas / difficile à estimer |
16 % | 10 % | 6 % | 4 % |
Grilles
salariales :
un
fossé
croissant
entre
TPE,
PME,
ETI
et
GE
Les
TPE
sont
clairement
les
moins
structurées
de
toutes
les
entreprises.
Dans
35 %
des
cas,
aucune
population
n’est
couverte
par
des
grilles
ou
des
critères
écrits.
Et
si
l’on
ajoute
celles
qui
ne
couvrent
qu’au
plus
un
quart
des
salariés
(27 %
supplémentaires),
on
arrive
à
62 %
de
TPE
qui
n’ont,
au
mieux,
qu’un
début
de
formalisation.
À
l’inverse,
seules
12 %
des
TPE
ont
des
grilles
et
critères
écrits
pour
plus
de
75 %
ou
100 %
de
leurs
salariés.
On
est
donc
très
loin
d’une
politique
de
rémunération
structurée
et
partagée.
Les
PME
sont
également
très
en
retard :
31 %
n’ont
aucune
population
couverte
et
56 %
n’ont
des
grilles/critères
formalisés
que
pour
au
plus
un
quart
des
salariés.
Les
ETI
se
situent
dans
une
position
intermédiaire :
seulement
9 %
sans
aucune
couverture,
mais
à
peine
un
tiers
(32 %)
ont
déjà
plus
de
75 %
ou
100 %
des
salariés
couverts.
Les
grandes
entreprises
sont
nettement
plus
matures :
69 %
déclarent
avoir
des
grilles
et
critères
écrits
pour
plus
de
75 %
de
leurs
salariés,
dont
33 %
pour
100 %
des
effectifs.
La
structuration
de
la
politique
de
rémunération
est
donc
encore
très
partielle
et
les
obligations
de
transparence
salariale
vont
s’appuyer
sur
des
fondations
très
inégales
selon
la
taille
d’entreprise.
| Réponses | TPE | PME | ETI | GE |
|---|---|---|---|---|
|
0 % (aucune population couverte) |
35 % | 31 % | 9 % | 2 % |
|
1 à 25 % des salarié·es |
27 % | 25 % | 18 % | 6 % |
|
26 à 50 % des salarié·es |
15 % | 16 % | 22 % | 8 % |
|
51 à 75 % des salarié·es |
11 % | 14 % | 19 % | 15 % |
|
Plus de 75 % des salarié·es |
8 % | 9 % | 17 % | 36 % |
|
100 % des salarié·es |
4 % | 5 % | 15 % | 33 % |
Une
mise
en
conformité
à
plusieurs
vitesses
En
analysant
les
principales
obligations,
la
mise
en
conformité
apparaît
très
contrastée.
Ainsi,
l’interdiction
de
demander
l’historique
de
rémunération
est
de
loin
la
plus
avancée
(47 %
déjà
en
place,
69 %
conformes
au
plus
tard
en
juin
2026).
À
l’inverse,
l’affichage
des
fourchettes
de
salaire
et
l’information
claire
sur
les
critères
de
rémunération
accusent
un
net
retard :
moins
de
la
moitié
des
entreprises
seront
prêtes
à
l’échéance
(46 %
et
47 %),
et
environ
un
tiers
déclare
ne
pas
pouvoir
être
conforme
avant
fin
2026
ou
2027.
Le
reporting
annuel
sur
les
écarts
F/H
est
relativement
mieux
maîtrisé
(61 %
déjà
prêtes
ou
le
seront
à
temps),
mais
un
quart
des
entreprises
reconnaissent
qu’elles
ne
respecteront
pas
le
calendrier
légal.
| Réponses |
Oui, déjà en place |
Oui, nous serons prêts au 7 juin 2026 |
Non, pas avant fin 2026 |
Non, pas avant 2027 ou plus tard |
Non concerné par cette obligation |
|---|---|---|---|---|---|
|
Affichage de fourchettes de salaire dans toutes les offres d’emploi |
14 % | 32 % | 24 % | 13 % | 17 % |
|
Interdiction de demander l’historique de rémunération des candidat·es |
47 % | 22 % | 14 % | 8 % | 9 % |
|
Mise à disposition d’une information claire sur les critères de rémunération aux salarié·es |
14 % | 33 % | 25 % | 16 % | 12 % |
|
Capacité à produire un reporting annuel sur les écarts de rémunération femmes-hommes (si votre entreprise est concernée par le seuil d’effectif) |
33 % | 28 % | 16 % | 9 % | 14 % |
Beaucoup
de
retards
à
prévoir
Les
niveaux
de
confiance
dans
la
conformité
juridique
au
7 juin
2026
varient
fortement
selon
la
taille
de
l’entreprise.
Les
TPE
sont
les
moins
confiantes
de
toutes
puisque
seules
32 %
d’entre
elles
pensent
être
prêtes,
tandis
que
63 %
anticipent
une
non-conformité
au
moins
partielle.
À
cela
s’ajoute
5 %
de
« je
ne
sais
pas »,
signe
d’un
fort
manque
de
visibilité
sur
les
exigences
de
la
loi
et
les
moyens
à
mobiliser.
Du
côté
des
PME,
la
situation
n’est
guère
meilleure :
seulement
31 %
se
disent
globalement
prêtes,
contre
66 %
qui
anticipent
une
non-conformité
au
moins
partielle,
ce
qui
confirme
un
risque
massif
de
retard
dans
ce
segment.
Les
ETI
apparaissent
plus
partagées,
avec
un
quasi-équilibre
entre
celles
qui
se
pensent
plutôt
prêtes
et
celles
qui
se
projettent
encore
non
conformes,
signe
d’une
transition
en
cours
mais
encore
incertaine.
Les
grandes
entreprises
sont
les
plus
optimistes :
67 %
estiment
être
globalement
prêtes
même
si
près
d’un
tiers
admet
encore
des
risques
ou
des
retards
sur
certaines
obligations.
Au
global,
tout
indique
que
la
France
va
connaître
une
conformité
à
la
loi
à
plusieurs
vitesses :
un
noyau
de
GE
et
d’ETI
capables
d’être
prêtes
dans
les
temps,
face
à
un
bloc
TPE–PME
majoritairement
en
retard
ou
dans
l’incertitude,
avec
un
risque
réel
de
non-conformité
au
7 juin
2026.
| Réponses | TPE | PME | ETI | GE |
|---|---|---|---|---|
|
Oui, nous serons pleinement conformes |
8 % | 9 % | 21 % | 35 % |
|
Plutôt oui, mais avec quelques zones grises / risques résiduels |
24 % | 22 % | 31 % | 32 % |
|
Plutôt non, nous serons encore partiellement non conformes |
32 % | 36 % | 32 % | 24 % |
|
Non, nous serons clairement en retard sur plusieurs obligations |
31 % | 30 % | 15 % | 8 % |
|
Je ne sais pas |
5 % | 3 % | 1 % | 1 % |
A
propos
de
Sandrine
Dorbes
–
Conférencière
–
Experte
en
stratégie
de
rémunération
–
Créatrice
de
«
HOW
MUCH
»
:
La
rémunération
n’est
pas
qu’une
question
d’argent.
Ce
n’est
pas
un
slogan,
c’est
une
conviction
qui
guide
chaque
étape
du
parcours
de
Sandrine
Dorbes.
Après
une
carrière
de
responsable
rémunération
dans
un
grand
groupe
bancaire,
elle
fonde
en
2020
HOW
MUCH,
un
cabinet
indépendant
dédié
à
la
construction
de
politiques
salariales
justes,
lisibles
et
cohérentes.
Sa
certitude
:
une
politique
de
rémunération
claire
est
le
socle
d’un
dialogue
social
apaisé
et
d’un
pilotage
RH
durable.
Administratrice
indépendante
certifiée,
elle
explore
les
liens
entre
gouvernance,
stratégie
RH
et
performance
globale
—
une
performance
qu’elle
conçoit
sur
trois
plans
indissociables
:
économique,
environnemental
et
humain.
Autrice
et
conférencière,
elle
aide
les
dirigeants
à
faire
de
la
rémunération
autre
chose
qu’un
chiffre
:
un
langage
de
reconnaissance
et
de
confiance.
À
travers
ses
ouvrages,
ses
conférences
et
ses
interventions
à
la
School
of
Life
Paris,
elle
interroge
la
place
de
l’argent,
du
travail
et
du
sens
dans
nos
trajectoires
individuelles
et
collectives.
Car
pour
elle,
interroger
le
pourquoi
précède
toujours
le
combien.



