Le GHR saisit le gouvernement après l’agrément accordé à HEMA pour accepter les titres‑restaurant – TendanceHotellerie

Le
Groupement
des
Hôtelleries
et
Restaurations
de
France
(GHR)
a
écrit
ce
jour
à
Serge
Papin,
Ministre
des
Petites
et
Moyennes
Entreprises,
du
Commerce,
de
l’Artisanat,
du
Tourisme
et
du
Pouvoir
d’Achat,
afin
de
lui
exprimer
sa
profonde
préoccupation
suite
à
l’agrément
délivré
à
l’enseigne
HEMA
l’autorisant
à
accepter
les
paiements
en
titres
restaurant
et
de
lui
demander
d’engager
un
dialogue
avec
les
organisations
professionnelles
du
secteur
de
la
restauration
pour
réviser
les
règles
d’agrément
des
commerces
acceptant
ces
titres.

Aujourd’hui,
des
milliers
de
restaurateurs
français
s’interrogent
sur
la
cohérence
de
ce
choix
réglementaire
et
sur
la
capacité
du
dispositif
des
titres
restaurant
à
continuer
de
répondre
à
son
objet
initial :
faciliter
l’accès
à
un
repas
hors
domicile
pour
les
salariés.

Un
système
détourné
de
son
objet.

Créés
historiquement
pour
soutenir
l’accès
à
un
repas
équilibré
hors
domicile
pendant
la
journée
de
travail,
les
titres
restaurant
ont
vu
leur
champ
d’application
s’élargir,
notamment
pour
des
raisons
de
pouvoir
d’achat,
pour
permettre
leur
utilisation
dans
tous
les
commerces
alimentaires,
y
compris
pour
des
produits
non
immédiatement
consommables
(épicerie,
pâtes,
riz,
etc.).


Aujourd’hui,
l’autorisation
donnée
à
HEMA
marque
,
selon
Fabian
Desbrandes,
restaurateur
parisien
en
charge
du
dossier
des
titres-restaurant
au
GHR,

une
nouvelle
étape
dans
le
dévoiement
progressif
du
dispositif,
puisqu’il
s’agit
d’une
enseigne
dont
l’offre
alimentaire
est
marginale
et
essentiellement
composée
de
produits
de
snacking
et
de
confiserie

une
offre
très
éloignée
des
recommandations
nutritionnelles
pour
un
repas
équilibré
et
qui
ne
correspond
pas,
sur
le
plan
pratique,
à
un
repas
complet
pendant
la
journée
de
travail
comme
le
prévoit
les
textes
.

Des
restaurateurs
déjà
fragilisés

Pour
Catherine
Quérard,
présidente
du
GHR,

nous
assistons
à
une
véritable
dérive
du
système
des
titres
restaurant
qui
se
fait
au
détriment
de
la
santé
des
salariés
et
de
l’activité
des
restaurateurs,
qui
voient
leurs
chiffres
d’affaires
en
titres
restaurant
diminuer
d’année
en
année.
En
3
ans,
le
secteur
a
perdu
près
d’un
milliard
et
demi
d’euros
au
bénéfice
de
la
grande
distribution,
selon
nos
estimations.

Et
d’ajouter :

Quelle
France
veut
on
demain  ?
Une
France
de
la
malbouffe
ou
une
France

l’on
peut
encore
déjeuner
de
plats
équilibrés
préparés
par
des
restaurateurs  ?
Sans
une
action
corrective
de
l’État,
c’est
l’avenir
même
de
nombreux
établissements
qui
est
compromis.
Chaque
jour,
des
dizaines
de
cafés,
brasseries
et
restaurants
ferment
en
France.

Le
GHR
demande
au
ministre
d’intervenir.

Dans
son
courrier,
le
GHR
demande
instamment
au
gouvernement

de
revoir
les
règles
d’agrément
des
commerces
acceptant
les
titres
restaurant,
afin
que
celles
ci
soient
strictement
alignées
sur
l’objet
du
dispositif
.

Aujourd’hui,
pour
qu’un
commerçant
puisse
accepter
les
titres
restaurant,
il
doit
obtenir
un
agrément
délivré
par
la
Commission
Nationale
des
Titres
Restaurant
(CNTR).
Cet
agrément
est
accessible
aux
restaurateurs
ainsi
qu’aux
“assimilés”,
c’est-à-dire
à
tout
commerçant
déclarant
vendre
des
produits
ou
prestations
consommables
comme
repas.

Pour
Fabian
Desbrandes,

les
agréments
sont
délivrés
sans
aucune
exigence
de
part
significative
d’activité
de
restauration ou
de
vente
de
produits
alimentaires.
Cette
situation
nécessite
une
correction
urgente :
à
la
suite
de
l’agrément
accordé
à
HEMA,
n’importe
quelle
enseigne
proposant
des
bonbons,
chips
ou
barres
chocolatées
pourrait
demander
son
agrément
.

Dans
l’attente
de
cette
révision
des
textes
réclamée
par
le
GHR,
l’organisation
professionnelle
demande
au
ministre

de
suspendre
immédiatement
tout
nouvel
agrément
d’enseignes
non
spécialisées
dans
l’offre
alimentaire
.

Pour
Catherine
Quérard :

Si
l’État
ne
souhaite
pas
voir
le
dispositif
des
titres
restaurant
devenir
un
simple
instrument
de
paiement
détaché
de
son
objet,
il
est
de
sa
responsabilité
d’intervenir.
À
défaut,
le
régime
dérogatoire
du
titre
restaurant
risquerait
d’être
remis
en
cause,
comme
l’illustre
le
projet
de
taxe
de
8 %,
et
sa
pérennité
serait
sérieusement
questionnée.
Le
GHR
se
tient
à
la
disposition
du
gouvernement
pour
élaborer
des
solutions
durables
qui
ne
sacrifient
pas
les
restaurateurs
au
nom
du
pouvoir
d’achat
ou
de
l’extension
des
usages.


A
propos
du
GHR
:

Le
Groupement
des
Hôtelleries
&
Restaurations
de
France
(GHR)
est

le
1er
janvier
2023
de
la
fusion
de
trois
organisations
professionnelles
représentatives
:
le
GNI,
Groupement
National
des
Indépendants
Hôtellerie
et
Restauration,
le
SNRTC,
Syndicat
National
de
la
Restauration
Thématique
et
Commerciale
et
le
SNRPO,
Syndicat
National
de
la
Restauration
Publique
Organisée.
Le
GHR,
présidé
par
Catherine
Quérard,
fédère
à
ce
jour
15
000
établissements
employant
180
000
salariés.