Enquête SumUp – Dry January 2025 : un défi personnel et de santé qui rebat les cartes de la consommation – TendanceHotellerie

Chaque année, le Dry January prend de l’ampleur, encourageant un nombre croissant de Français à réduire ou arrêter leur consommation d’alcool durant le mois de janvier. Bien plus qu’un simple défi personnel, il influence les comportements d’achat et de consommation et impacte l’activité économique. Quels secteurs – restauration, bars, cavistes, bien-être, commerces de tabac – en sortent gagnants, et lesquels en pâtissent ? Pour mieux comprendre ces évolutions, la fintech SumUp, partenaire de confiance de plus de 4 millions de commerçants, a analysé les transactions effectuées en janvier 20251 en les comparant à l’année précédente.

  • Quels secteurs ont su tirer parti de cette évolution des habitudes de consommation ?
  • Quelles villes se démarquent par une adoption plus marquée du Dry January et un engouement accru pour le bien-être ?
  • Décryptage d’un phénomène qui redéfinit certains secteurs tout en créant de nouvelles opportunités pour d’autres.

Entre bien-être et excès modérés : des tendances de consommation en pleine mutation

Paradoxalement, les commerces spécialisés dans la vente d’alcool n’ont pas observé de ralentissement majeur en janvier 2025. Au contraire, ils enregistrent une hausse de +21,5 % du volume d’affaires et de +31,2 % du volume d’activité [1]. Ce phénomène pourrait probablement s’expliquer par l’essor des alternatives sans alcool et un effet de report des achats, lié aux événements post-Dry January.

Le secteur du bien-être, quant à lui, tire pleinement son épingle du jeu de cette période axée sur la santé et le développement personnel. Les établissements proposant des soins, du fitness ou des services de relaxation connaissent une progression de +7,1 % du volume d’affaires et +7,6 % du volume d’activité, avec un panier moyen stable autour de 65 euros en janvier 2025 et janvier 2024.

En revanche, le secteur du tabac et de la cigarette électronique enregistre un recul plus marqué, avec une baisse de 4,2 % du volume d’affaires et de près de 7,8 % du volume d’activité. Cette évolution témoigne d’une prise de conscience généralisée sur les habitudes de consommation et d’un intérêt croissant pour une hygiène de vie plus saine.

Dry January : un impact différencié selon les territoires

Certaines villes enregistrent une hausse plus marquée des habitudes de vie et de consommation dites « moins saines »², malgré l’essor du Dry January. Strasbourg arrive en tête, avec une augmentation de +29,6 % du volume d’affaires et +31,5 % du volume d’activité entre janvier 2025 et janvier 2024. Nantes et Nice suivent cette tendance, enregistrant respectivement +19,7 % et +19,3 % de volume d’affaires, tandis que Lille affiche une croissance plus modeste (+13,1 %).

À l’inverse, d’autres villes se démarquent par une forte progression des dépenses consacrées au bien-être. Paris se positionne comme la ville la plus engagée dans un mode de vie sain3, avec une hausse de +20,3 % du volume d’affaires et +31,3 % du volume d’activité. Nantes suit de près, avec +17,2 % de volume d’affaires et +23,8 % de volume d’activité. Le panier moyen reflète également cette tendance : 81,5 euros à Paris contre 54,7 euros à Nantes.

Nantes se démarque en figurant en bonne position dans les deux classements, révélant un contraste marqué entre une forte consommation d’alcool et de tabac et un engouement croissant pour le bien-être et le fitness. Ce paradoxe illustre l’évolution des modes de consommation, où l’héritage festif coexiste avec une prise de conscience accrue des enjeux de santé.

Une consommation en dents de scie au fil des semaines

Si le Dry January influence les habitudes d’achat, son impact ne s’est pas manifesté de manière linéaire tout au long du mois. Loin d’un déclin constant de la consommation d’alcool, les ventes dans les magasins spécialisés ont, au contraire, connu un rebond notable en fin de période. La semaine 46 s’impose comme la plus dynamique, enregistrant une hausse du volume d’affaires de 7,5 % et du volume d’activité de 9,9 %.

À l’inverse, le secteur du bien-être a connu une ascension fulgurante en semaine 24 du mois de janvier. Les dépenses dans ce domaine ont bondi de +11,6 % en volume d’affaires et +18,6 % en volume d’activité. Ce phénomène illustre une dynamique bien ancrée : après les fêtes, les consommateurs se tournent vers des pratiques axées sur le bien-être, la remise en forme et la santé.

Le secteur alimentaire apparaît comme le principal perdant de cette parenthèse de sobriété, avec une baisse marquée du volume d’affaires en semaine 2 (-13,9 %). Ce recul s’explique probablement par une tendance post-fêtes, où les consommateurs adoptent une alimentation plus saine et réduisent leurs sorties au restaurant, en phase avec l’esprit du Dry January.

Enfin, la dynamique du commerce du tabac illustre également une prise de conscience plus large en matière de consommation. Après une relative stabilité en début de mois, les semaines 35 et 46 marquent un net recul, avec une baisse respective de -9,1 % et -5,8 % du volume d’affaires.

Une tendance confirmée par les réseaux sociaux

Au-delà des transactions physiques, l’impact grandissant du Dry January se manifeste aussi en ligne, où les recherches et tendances sur les réseaux sociaux témoignent de son ancrage dans les habitudes. L’explosion des requêtes sur TikTok (+773 %) et Instagram (+613 %) souligne le rôle central de ces plateformes dans la diffusion du mouvement. De plus en plus de consommateurs s’y tournent pour s’informer, partager leurs expériences et découvrir des alternatives aux boissons alcoolisées, confirmant ainsi l’influence croissante du digital sur l’évolution des comportements de consommation.

  • Google : 580 080 recherches via Keywordtool en janvier 2024 (contre 293 000 sur les 30 derniers jours7, selon Glimpse).
  • TikTok : 128 550 recherches en janvier 2024, en forte hausse par rapport aux 14 720 de décembre 2024 (+773 %).
  • Instagram : 267 070 recherches, contre 37 470 en décembre 2024 (+613 %).
  • Google Trends : un pic notable de recherches autour du Dry January en janvier 2025, atteignant 100 le 2 janvier et 59 le 6 janvier, confirmant un intérêt marqué pour ce phénomène.

Méthodologie :

L’enquête SumUp a été menée auprès d’un échantillon représentatif des commerçants français rattachés à la catégorie, restauration (café/restaurant, bar/club, fast food, food truck), bien-être (fitness/spa), tabac et magasins d’alcool sur la période comprise entre le 1er et le 28 janvier 2025 comparée à la même période l’année précédente. Les données sur le nombre de recherches du mot-clé « Dry January » ont été collectées sur Google, TikTok et Instagram à l’aide des outils Keywordtool et Glimpse, en comparant les périodes de janvier 2024, décembre 2024 et la période du 22.12.24 au 22.01.25 pour Glimpse.

1 Période du 1er au 28 janvier 2025 comparée à la même période l’année précédente.

2 Commerces des secteurs de la restauration, alcool et tabac.

3 Commerces du secteur bien-être : spa, fitness.

4 Semaine 2 : période du 6 au 12 janvier 2025.

5 Semaine 3 : période du 13 au 19 janvier 2025.

6 Semaine 4 : période du 20 au 26 janvier 2025.

7 Soit entre le 22.12.24 et le 22.01.25.