
Après
un
été
caniculaire,
et
à
l’heure
où
les
bilans
de
fréquentation
touristique
estivale
sont
publiés,
le
Réseau
Action
Climat
rend
public
un
nouveau
rapport :
« Trop
de
touristes
en
France ?
L’impasse
de
la
stratégie
touristique
française ».
Ce
rapport
démontre
que
la
promotion
de
la
France
auprès
de
touristes
lointains
alimente
la
crise
climatique
et
contribue
au
renchérissement
de
l’offre
touristique
hexagonale,
conduisant
de
plus
en
plus
de
résidents
en
France
à
arbitrer
pour
des
vacances
moins
longues,
ou
à
partir
à
l’étranger.
Après
un
été
caniculaire,
et
à
l’heure
où
les
bilans
de
fréquentation
touristique
estivale
sont
publiés,
le
Réseau
Action
Climat
rend
public
un
nouveau
rapport :
« Trop
de
touristes
en
France ?
L’impasse
de
la
stratégie
touristique
française ».
Ce
rapport
démontre
que
la
promotion
de
la
France
auprès
de
touristes
lointains
alimente
la
crise
climatique
et
contribue
au
renchérissement
de
l’offre
touristique
hexagonale,
conduisant
de
plus
en
plus
de
résidents
en
France
à
arbitrer
pour
des
vacances
moins
longues,
ou
à
partir
à
l’étranger.
Une
stratégie
touristique
climatiquement
insoutenable
Le
tourisme
représente
11 %
des
émissions
de
gaz
à
effet
de
serre
de
la
France,
alors
qu’il
ne
contribue
qu’à
3,8 %
du
PIB.
Cette
disproportion
s’explique
en
grande
partie
par
l’empreinte
carbone
du
transport
aérien :
les
touristes
extra-européens
représentent
2 %
des
touristes
en
France,
mais
pèsent
20 %
des
émissions
de
gaz
à
effet
de
serre.
Pourtant,
la
France
cherche
à
faire
venir
toujours
plus
de
clientèles
lointaines
et
aisées.
Le
gouvernement
s’est
fixé
un
nouvel
objectif
d’augmenter
les
retombées
économiques
internationales
de
30 %
d’ici
2030,
sans
objectif
équivalent
pour
les
touristes
français.
De
nombreuses
destinations
françaises
emboîtent
le
pas
à
cette
stratégie :
par
exemple,
le
nouveau
président
de
l’office
de
tourisme
de
Lyon
a
comme
priorité
l’ouverture
d’un
palace,
de
boutiques
de
luxe,
et
le
développement
de
liaisons
aériennes.
Cette
stratégie
alimente
la
crise
climatique,
et
oublie
que
ce
sont
les
touristes
français,
puis
les
européens
(
Royaume-Uni,
Belgique,
Pays-Bas,
Allemagne,
Suisse)
qui
contribuent
le
plus
à
l’économie
touristique
française,
loin
devant
les
autres
touristes
internationaux.
Alexis
Chailloux,
responsable
Transport
du
Réseau
Action
Climat,
souligne :
La
stratégie
gouvernementale
semble
n’avoir
d’yeux
que
pour
les
touristes
lointains,
au
détriment
du
climat
et
du
marché
domestique.
Le
projet
de
parc
d’attractions
Dragon
Ball
Z,
voulu
par
Emmanuel
Macron
et
financé
par
l’Arabie
Saoudite,
est
un
exemple
de
ce
qu’il
ne
faut
plus
faire.
Celui-ci
va
alimenter
notre
dépendance
à
une
pétromonarchie
autoritaire
et
stimuler
le
trafic
aérien,
notamment
depuis
l’Asie.
L’avis
de
GD
Quand
on
prend
pour
hypothèse
le
chiffre
manifestement
erroné
de
3,8%
du
PIB,
on
en
tire
forcément
de
mauvaises
conclusions.
Tout
le
monde
s’accorde
à
dire
que
le
tourisme
pèse
en
France
entre
8
et
10%
du
PIB.
La
traçabilité
de
ces
8
à
10%
n’est
pas
flagrante,
pas
plus
que
celle
des
3,8%
mis
en
avant
par
ce
rapport.
D’ailleurs,
vous
connaissez
mon
point
de
vue
sur
le
fait
de
compter
les
clients
et
j’en
parlais
notamment
dans
mon
édito
du
24 août :
la
solution
éthique
et
responsable
HCommunity
a
pour
but
de
savoir
compter
sérieusement
les
clients
en
hôtellerie.
Sur
le
fonds,
nous
sommes
tous
d’accord
pour
dire
que
nous
devons
tous
faire
des
efforts
pour
notre
planète.
Ceci
dit,
à
force
de
nous
flageller,
nous,
les
français,
en
oublions
presque
que
nous
sommes
parmi
les
bons
élèves
à
l’échelle
du
monde.
Exportons
notre
savoir-faire
par
exemple.
Cessons
l’écologie
punitive
et
concentrons
nous
sur
son
pouvoir
créatif.
Les
territoires
délaissés
ont
besoin
d’aide,
pas
dans
le
seul
et
unique
but
de
diminuer
le
CO2,
mais
pour
augmenter
leur
attractivité
et
développer
l’économie
locale :
plus
de
gens
qui
vivent
de
leur
travail
en
région,
voilà
ce
qui
devrait
nous
inciter
à
les
faire
progresser.
Poussons
le
raisonnement
à
fond :
et
si
nous
fermions
d’un
coup
l’accès
de
notre
territoire
aux
touristes
qui
viennent
du
bout
du
monde ?
Imaginez
la
casse
sociale !
Parlons
des
transports :
essayez
de
faire
du
tourisme
sans
voiture
dans
certains
territoires,
dont
même
leur
« capitale »
locale
est
mal
desservie
par
le
train.
Les
raccourcis
du
rapport
sont
simplistes
sur
ce
sujet.
Franchement
ce
rapport
manque
de
sérieux
de
la
part
de
cette
association
loi
1901.
Qui
la
finance ?
33%
de
ses
ressources
(soit
+/-
670
k€
sur
un
total
de
2M€
au
total
en
2025
–
source
https://reseauactionclimat.org/association/nos-financements/)
proviennent
de
subventions
publiques.
Après
avoir
consulté
ce
rapport,
je
me
dis
que
c’est
normal
qu’il
y
ait
une
défiance
des
français
vis-à-vis
de
la
façon
dont
notre
argent
est
dépensé,
surtout
quand
notre
train
de
vie
actuel
sera
en
partie
payé
par
les
futures
générations.
Je
vous
la
communique
afin
que
vous
puissiez
vous
faire
votre
propre
opinion.
Des
externalités
négatives
multiples
Ce
rapport
compile
et
fait
dialoguer
les
données
les
plus
récentes
sur
l’activité
touristique
en
France,
et
met
en
lumière
plusieurs
conséquences
inquiétantes
de
la
promotion
du
tourisme
lointain :
-
Des
résidents
français
qui
partent
moins
en
vacances
en
France :
la
montée
en
gamme
de
l’offre
touristique
hexagonale
et
la
hausse
des
prix
associée
excluent
une
partie
des
résidents
du
marché
domestique.
Ces
derniers
séjournent
alors
moins
longtemps,
ou
se
tournent
alors
vers
les
destinations
étrangères,
comparativement
moins
chères.
-
Une
concentration
des
retombées
économiques
sur
quelques
territoires
emblématiques
de
la
France
et
desservis
par
des
aéroports
internationaux
(Ile-de-France,
Côte
d’Azur).
Le
tourisme
lointain
bénéficie
en
priorité
aux
groupes
hôteliers
(comme
Accor)
et
aux
restaurateurs,
notamment
haut
de
gamme.
A
l’inverse,
les
touristes
européens,
qui
viennent
souvent
en
voiture,
se
répartissent
mieux
sur
le
territoire,
notamment
dans
les
campings
sur
le
littoral
ou
en
zone
rurale.
-
Une
dégradation
du
cadre
de
vie :
dans
les
zones
touristiques
les
plus
prisées
par
le
tourisme
international,
les
besoins
en
hébergement
touristique
alimentent
la
pression
sur
le
foncier
et
contribuent
à
l’augmentation
des
loyers.
Une
partie
des
habitants
se
voit
contrainte
de
déménager
pour
des
raisons
économiques.
Vers
une
autre
politique
touristique
Face
à
ce
constat,
le
Réseau
Action
Climat
propose
des
alternatives
concrètes :
-
Développer
les
vacances
des
résidents
français
en
France,
en
réhaussant
notamment
l’ambition
du
“billet
de
congés
annuel”
(un
AR
en
train
par
an
par
personne
à
49
€) -
Privilégier
les
clientèles
étrangères
proches,
en
réaffectant
le
budget
des
campagnes
de
promotion
de
la
France
à
l’étranger
vers
les
pays
européens
proches,
et
en
développant
les
connexions
ferroviaires
entre
la
France
et
l’Europe. -
Limiter
l’essor
du
trafic
aérien,
en
stoppant
le
projet
d’extension
de
Roissy
CDG
ainsi
que
les
subventions
et
exonérations
fiscales
dont
jouit
le
secteur
(ex :
aucune
taxe
sur
le
kérosène,
subventions
aux
lignes
aériennes
low-cost,
etc.)
-
Changer
les
indicateurs
touristiques,
en
soumettant
toutes
les
politiques
publiques
à
4
indicateurs :
intensité
carbone
par
visiteur,
stimulation
de
l’économie
locale,
préservation
du
cadre
de
vie
et
accessibilité
tarifaire.
Pour
Alexis
Chailloux :
La
France
ne
peut
plus
se
permettre
de
sacrifier
son
environnement
et
l’accès
aux
vacances
de
ses
habitants
sur
l’autel
d’un
rayonnement
touristique
à
l’international
qui
ne
bénéficie
qu’à
quelques-uns.
La
relance
du
billet
de
congés
annuel,
créé
par
le
Front
Populaire
en
1936,
permettrait
de
rendre
le
TGV
accessible
au
plus
grand
nombre
et
de
stimuler
le
tourisme
domestique



